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Le spectateur condamné à mort Photo : Hervé Kielwasser Musé de l'Ardoise, Trélazé (49)
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Maladie de la mort

lundi 6 octobre 2008,
par Luc Babin (photos/vidéo), Michèle Maillard

De Marguerite Duras

Mise en scène Christophe Rouxel

Collaborateur artistique Pierre Leenhardt

IMG/flv/interviewIcare2.flv
©MEDIA IMAGINE 2008

Scénographie Christophe Rouxel et Paul Seiller

Costumes Odile Raitière

Lumières Eric Paboeuf

Son et vidéo Benjamin Rouxel

Graphiste Olivier Dupont Delestraint

Régie lumière Sandrine Baruchi

Régie son et vidéo Wojciech Rola

Patine Solène Caherec et Jean-Lou Leclerc

Construction décors Gilles Mauduit et Olivier Macé

Administration Maud Chauvière

Diffusion Sophie Arnera

Avec Anne-Cécile Richard Christophe Rouxel

Le texte de la pièce est publié aux Editions de Minuit

Le Théâtre Icare est une compagnie conventionnée, subventionnée par la Ville de Saint-Nazaire, la DRAC des Pays de la Loire, le Conseil régional des Pays de la Loire et le Conseil général de Loire-Atlantique.

A propos de la pièce

Dans l’oeuvre de Marguerite Duras, La Maladie de la mort n’est pas répertoriée comme un texte de théâtre. Pourtant, comme elle le faisait souvent en passant du livre à la scène ou à l’écran, Duras envisage la possibilité de sa mise en scène et indique clairement la direction à suivre : « La jeune femme des nuits payées devrait être couchée sur des draps blancs au milieu de la scène. Elle pourrait être nue. Autour d’elle, un homme marcherait en racontant l’histoire. Seule la femme dirait son rôle de mémoire. /…/ L’homme lirait le texte. /…/ Ici, le jeu serait remplacé par la lecture. »

Hasard ou nécessité, Christophe Rouxel a choisi de suivre d’assez près les indications de l’auteur. Car ce dont il s’agit d’abord, c’est de faire entendre le texte. Il n’y a pas véritablement d’histoire à raconter, seulement deux êtres liés par un contrat : l’homme paye une femme pour que, plusieurs nuits durant, elle se tienne à sa disposition et qu’il découvre son corps et l’amour avec une femme, choses inconnues de lui. Et la femme lui dit qu’il est atteint d’une maladie, la maladie de la mort.

Lorsque le livre est paru, en 1982, la communauté homosexuelle le reçut comme une dénonciation. La maladie de la mort serait l’homosexualité. Pourtant, celle-ci n’est jamais nommée, et si l’on peut y voir le point de départ du propos, le texte le dépasse de beaucoup. Ce dont il est question ici, c’est de vie et de mort, d’amour, de sexe, de peur, d’émotion. Ce que dit la femme au long des nuits, avec le mouvement perpétuel de la mer (la mère ?) en arrière-plan, ce qu’elle dit avec une sorte de prescience ancestrale -« on sait, sans savoir comment on le sait »- c’est l’indissoluble lien entre la vie et la mort, dont l’amour, le besoin d’aimer, serait la seule parade possible. Et c’est aussi la célébration superbe du corps de la femme, du corps du dehors, du corps enfoui.

Faire entendre le texte, ce texte étrange, très « durassien », qui se donne comme en devenir, comme en train d’être écrit, avec ses répétitions, l’emploi fréquent du conditionnel (« Elle dirait. Elle dit… »), pour tenter toujours de fouiller au plus près d’une vérité cachée…

Pierre Leenhardt

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